- Raja-Tikva 3 – Du colonisé à l’immigré, entre image de soi et conflits culturels et linguistiques…

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Tnp – salle Jean Vilar

Mahjouba MOUNAÏM, , Raja-Tikva à l’Unipop.

L’identité au péril de l’ailleurs ?

Du colonisé à l’immigré, les enjeux de l’identité au miroir de l’Autre.

Au Maghreb, l’immigré est un mouhajir, un exilé. Séparation, déchirure, arrachement, la langue arabe porte l’expérience de l’exil qui mène les hommes vers d’autres ailleurs imaginés meilleurs. Le terme « Hégire »( Hijra ou Exode) fait sens et date pour la culture arabo-musulmane. La colonisation fut un exil de l’intérieur pour les indigènes dépossédés en un premier exil, corps et biens : un « ailleurs » chez soi, étrangers dans leur propre pays. En soutenant la colonie dans son effort de guerre comme dans son essor économique, l’immigration maghrébine ajouta un nouvel exil, outremer cette fois. D’où une posture ambivalente autant chez l’ex-colonisé-immigré cherchant sa dignité en son exil et rêvant son retour là-bas, que chez l’ancien colon sommant le colonisé d’hier de s’intégrer, tout en maintenant ce dernier en son étrangeté, sa relégation à la marge, dans un statut d’ « immigré », ou d’« enfant d’immigrés », de « seconde » ou « troisième génération » pour sa descendance. Chemin faisant, une citoyenneté nouvelle tente de voir le jour, malgré les relégations et les inégalités si tenaces que resurgissent, en ces temps de crises, des postures identitaires mortifères de l’extrême droite au jihadisme, se déployant au miroir déformant des simplismes et des réductions. Autant d’enjeux qui rendent plus périlleuses et plus nécessaires encore la construction de soi entre l’ici et l’ailleurs, et la relation à l’Autre, au défi d’un voisinage retrouvé et d’une interculturalité assumée.

 

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