- Nicaragua : d’une révolution à l’autre

(cliquez droit sur la ligne du cours indiquant sa durée pour télécharger le fichier ou le lire hors site)

Archives municipales de Lyon

Nicaragua : D’une révolution à l’autre ?  avec Maya Collombon
Nicaragua 4 (1)Le 18 avril 2018, le Nicaragua entre dans la majeure crise politique et sociale de son histoire récente. Des manifestations, initialement contre une réforme de retraite, sont réprimées dans le sang par le gouvernement de Daniel Ortega revenu au pouvoir en 2006. Le pays, déjà le plus pauvre d’Amérique latine continentale avant la crise, est plus que jamais paralysé. Pendant plusieurs mois, les routes sont bloquées, ne permettant plus que difficilement le passage des vivres. Les voies de communication d’un lieu à l’autre de certaines villes comme Masaya ou León sont impraticables du fait des barricades, aller faire ses courses relève d’une stratégie de survie pour savoir où, quand et comment se rendre dans un supermarché, de nombreux employés ne peuvent plus se rendre dans les bureaux, magasins, services qui ont dû fermer, etc. Tous les matins, les Nicaraguayens se réveillent avec inquiétude. Pour ceux qui peuvent encore sortir de chez eux, pour ceux qui ne se cachent pas des paramilitaires qui sèment la terreur parmi les familles des manifestants, vivre est devenu une stratégie de survie. Jusqu’à l’abandon des négociations de paix, et à ce jour plus que jamais, le pays vit entre parenthèses.

Pourtant, pour ceux qui s’en souviennent encore, le Nicaragua fut pour les gauches tant latino-américaines qu’européennes des années 1980 un exemple enthousiasmant d’une révolution guévariste réussie. Le sandinisme faisait alors rêver. Malgré l’opposition du gouvernement Reagan, malgré la guerre civile, le Nicaragua des sandinistes proposait un projet politique fondé sur plus de justice sociale, une attention aux plus pauvres -paysans comme ouvriers-, une éducation et une santé accessibles au plus grand nombre, etc. Que s’est-il donc passé entre temps ? Comment l’actuel gouvernement sandiniste, dirigé par ce même Ortega qui fut un des commandants de la révolution sandiniste, peut-il s’être transformé au point de réprimer ceux-là même qui, comme les guérilleros d’autrefois, demandent aujourd’hui plus de libertés ? Le Nicaragua connait-il sa seconde révolution? C’est ce à quoi nous tenterons, brièvement, de donner quelques réponses.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.