- 3. Lobbies, éthique et conflits d’intérêts

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Tnp – salle Jean Vilar

21 mars. Intervenant: Antoine Ziller. Après avoir vu au travers des OGM comment et pourquoi certains scientifiques mettent en avant des techno produits et comment ils peuvent en créer de nouveaux, via les biotechnologies, nous allons voir comment la mise sur le marché européen de ces techno produits est régulée. Loin des décisions basées sur le sacro-saint « état de la science neutre », des rapports de force inégaux entre les différents acteurs présents dominent les débats et les prises de décision. Les techno-sciences et les scientifiques sont utilisés comme une arme pour faire pencher la balance du coté du plus fort. Nous allons nager dans les eaux troubles du « gouvernement des techno-sciences » entre lobbies, éthique et conflits d’intérêts.

 

Bibliographie :
FRESSOZ- Jean Baptiste, BONNEUIL Christophe – L’Evénement  Anthropocène : La Terre, l’Histoire et Nous, Le Seuil, 2013
PESTRE Dominique – Le Gouvernement des Technosciences : Gouverner le Progrès et ses dégâts depuis 1945, La Découverte, 2014
THIERRY-MONY Annie – La Science Asservie, La Découverte, 2014
HOREL Stéphane – Intoxication, La Découverte, 2015″

 

  2 comments for “3. Lobbies, éthique et conflits d’intérêts

  1. après l’épisode précédent qui nous a servi les a priori anti-OGM les plus consternants. Chacun a évidemment le droit de dire ce qu’il veut, même des âneries, mais si on se prétend scientifique on est en droit d’attendre un minimum de discernement entre le vrai et le faux.
    Voici qui explique mieux pourquoi ce n’est pas le cas : il suffit de voir la présente liste de références, bien orientées « sciences » sociales postmodernes et gauchisme anti-progrès obligatoire…
    http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-menaces-postmodernes-sur-la-science-120498826.html

  2. Kuntz, l’article que vous pointez est rafraichissant il fait soudainement prendre du recul avec cette idée que la sociologie en France puisse être inscrite dans un courant de pensée (post-modernisme) et ne serait donc pas neutre. Et j’en conviens assez bien. Je relève néanmoins ce passage qui me parait de nature à apporter de la confusion :

    « On voit ainsi poindre de nombreux thèmes chers au postmodernisme dans les sciences : « participation » des « parties prenantes », « co-production des savoirs » et « mise en controverse » de questions qui relèvent de la méthode scientifique, le tout accompagné d’une bonne dose de relativisme.
    En effet, bien qu’elle s’en défende, la vision post-moderne de la science est fondamentalement relativiste (« toutes les opinions se valent » et la démarche scientifique est une opinion comme les autres). S’il n’y a pas de vérité objective et universelle, alors chaque groupe social ou politique est en droit d’exprimer la vérité qui lui convient le mieux. Dans un tel cadre, les allégations idéologiquement construites sur les dangers de telle ou telle technologie sont porteuses d’autant de « vérités » que l’évaluation scientifique des risques. Et finalement, si toutes les opinions se valent, quel intérêt y a-t-il à écouter les scientifiques ? »

    Toutes les opinions ne se valent pas c’est sûr. Mais dans ce cadre, chaque opinion a néanmoins valeur pour une dimension donnée du problème. Par exemple, sur une décision à prendre et les problématiques associées, les uns auront capacité à fournir une analyse et un jugement fin et étayé sur les risques proprement sanitaires tandis que d’autres en revanche seront plus à même d’analyser les risques sociaux liés à cette problématique. Etc… et même le/la citoyen.ne « lambda » de base aura une lecture utile sur cette problématique, car s’il/elle se situe hors de toute expertise particulière, son appréciation du problème ne peut nullement être ignorée, ni relativisée – au prétexte qu’il/elle ne possède aucune expertise particulière sur le sujet.

    Il me semble qu’on ne peut ignorer, au risque d’alimenter des fractures sociales et idéologique, la vision que portent les gens « non »-experts sur le devenir de leur société. La croyance – j’assume ce mot – qui n’est pas forcément béate, mais peut s’assumer en tant qu’idéologie, joue un rôle centrale dans la société. On n’amène pas une population à un endroit où elle ne veut pas aller, qu’importe qu’elle ait raison ou non. D’ailleurs peut-on décemment considérer qu’il existe des argument objectifs sur tout qui nous permettent de trancher collectivement des décisions. La réponse est clairement non. C’est donc bien que le « projet de société » répond à une vision de l’avenir et du modèle que les gens souhaitent suivre qui ne se fonde pas uniquement sur les arguments objectifs liés à telle ou telle expertise.

    MAIS attention, je ne suis pas en train de dire que l’expertise n’a alors plus d’importance, ni consistance. Ma conclusion est plutôt qu’il est utile qu’il y ait confrontation et dialogue entre l’expertise (qui apporte des arguments objectifs) et la non-expertise (qui apporte des arguments certes plutôt idéologiques mais qu’il est impossible d’ignorer car il portent en eux une vision du devenir de la société). L’un et l’autre contribuent à la décision. Et en l’occurence, dans ces processus la décision ne porte pas – me semble-t-il – sur « des questions qui relèvent de la méthode scientifique », comme vous l’écrivez dans l’article, mais plutôt sur des questions d’ordre pratiques ou politique.

    Il n’y a pas de choix objectifs quand il s’agit de la société. Car quels sont les critères objectifs – qui comptent?
    Il n’y a que des choix « éclairés » (ou pas).

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